vendredi 21 août 2015

Comment se « vacciner » contre la déprime ?


Saviez-vous que la Finlande envisage de rendre le travail optionnel ? Les finlandais pourraient avoir le choix d'exercer une activité professionnelle ou non. Et ceux qui décideraient de ne pas travailler recevraient un revenu qui pourrait aller jusqu'à mille euros par mois.
 
Une initiative d'autant plus intéressante que plusieurs recherches montrent qu'à partir du moment où vous gagnez assez d'argent pour combler vos besoins basiques, le fait de gagner plus d'argent ne va pas automatiquement vous rendre plus heureux.
 
En fait, le bonheur tient plus à la façon dont vous dépensez votre argent qu'au nombre de zéros sur votre compte en banque. Notamment, si vous vous en servez uniquement pour accumuler des biens matériels, vous vous sentirez bien, voire même heureux, mais seulement provisoirement.
Que ce soit le dernier i phone qui vient de sortir, une babiole achetée au marché ou la maison dont vous rêvez depuis vingt ans, tôt ou tard vous finirez par vous y habituer et ça ne vous procurera plus le même plaisir qu'au départ.
 
C'est la faute à notre cerveau, qui est programmé de façon à ne jamais être satisfait longtemps de ce qu'on possède.

En revanche, il y a un truc qui impacte positivement notre bonheur, notre estime de soi et qui chasse nos émotions négatives de façon durable : le fait de vivre des expériences.
 
Quand vous serez vieux et que vous soûlerez vos petits enfants avec vos histoires du bon vieux temps, qu'est-ce que vous leur direz ? Que vous avez acheté chaque modèle d'i phone le jour même de sa sortie ? Bof. A mon avis, vous seriez plus fier-ère de leur raconter vos explorations en spéléo, la fois où vous êtes parti(e) faire le tour de l'Europe à vélo ou les manèges les plus flippants dans lesquels vous êtes monté(e).
 
Si vivre des expériences est si bon pour le moral et l'estime de soi, c'est parce que contrairement aux biens matériels, elles s'incrustent dans notre cerveau pour toujours et font partie de notre identité. Elles définissent qui on est.
 
Mais bien sûr, toutes les expériences ne se valent pas. S'affaler devant la télé et zapper avec la télécommande, c'est une expérience qui ne fait pas franchement partie de celles qui améliorent le moral et l'estime de soi.
Attention, je ne suis pas en train de critiquer ceux qui le font. Il n'y a pas à se sentir coupable de dépenser un peu de son temps à glander. Mais ce que je veux dire, c'est que si vous voulez mettre toutes les chances de votre côté pour en quelque sorte vous vacciner contre les baisses de moral, vous devrez choisir les expériences que vous allez vivre avec soin.
 
Pour ça, rien de plus facile, il suffit de prendre en compte six éléments.
 

1er élément : la nouveauté

Le premier élément, c'est la nouveauté (par opposition à la routine). Plus une activité est nouvelle et plus il y a de chances qu'elle soit enrichissante. A l'inverse, plus une activité est routinière et plus elle risque de vous plomber le moral.
 
Notez que la nouveauté n'est pas un statut binaire. Une activité peut être plus ou moins nouvelle, ou plus ou moins routinière. Aller au restaurant ou au cinéma chaque semaine, ce n'est pas aussi nouveau que tester le tout dernier rollercoaster, mais c'est quand-même moins routinier que de regarder Les Experts à Manhattan sur TF1.

Donc pour éviter les émotions négatives, sortez de la routine et essayez de vivre des expériences nouvelles. Je dis ça complètement au hasard, mais pourquoi pas un blob jump par exemple ?

2ème élément : des émotions fortes

Le deuxième élément, c'est des émotions fortes (par opposition à une émotion passive ou à l'absence d'émotion). Plus une expérience génère des émotions actives, et plus il y a de chances qu'elle soit enrichissante. Au contraire, plus une expérience génère des émotions passives – voire pas d'émotion du tout – et plus elle est susceptible de vous plomber le moral.
 
Notez qu'une émotion forte n'est pas forcément positive. Faire un tour dans le Silver Star à Europa Park ou se prendre des gnons dans la tronche pendant un combat de boxe, ça génère des émotions fortes, mais pas forcément vécues comme positives sur le moment. Et pourtant, c'est le genre d'expérience qui booste le moral et l'estime de soi.

Donc pour chasser la déprime, allez voir des films d'horreur, sautez à l'élastique ou inscrivez-vous aux dead games organisés par le manoir de Paris.
 

3ème élément : le partage

Le troisième élément, c'est le partage (par opposition à la solitude). Si vous partagez une expérience avec au moins une autre personne, il y a plus de chances qu'elle vous rende heureux que si vous la vivez en solitaire.
 
Donc si vous regardez un film ou une série, tant qu'à faire invitez des amis à la regarder avec vous. Enfin sauf si c'est Lost, parce que la fin est à chier.
 

4ème élément : l'activité physique

Le quatrième élément, vous le connaissez déjà : c'est l'activité physique (par opposition à la sédentarité). Plus une activité vous fait bouger et plus elle aura des effets positifs.
 
C'est pour ça que sur ce point, la Wii U c'est mieux que la play 4.
 

5ème élément : le plein air

Le cinquième élément c'est le plein air (par opposition à enfermé chez soi). Si une activité se pratique en pleine nature, ou du moins en dehors de chez vous, il y a plus de chances qu'elle soit positive pour votre moral.
 
Donc si vous vous mettez au sport, ce sera meilleur pour vous de faire du roller, du rafting ou de la planche à voile que de faire du vélo d'appartement.
 

6ème élément : l'altruisme

Enfin, le sixième élément, c'est l'altruisme (par opposition à l'égoïsme). Plus une action est altruiste, et plus elle sera positive pour votre moral et vos émotions. Au contraire, plus une activité est égoïste et plus elle risque de générer des émotions négatives.
 
Donc si vous êtes un homme politique, un trader ou un commercial qui essaie de vendre aux gens des trucs dont ils n'ont pas besoin pour avoir une meilleure prime à la fin du mois, non seulement vous énervez karma, mais en plus vous risquez de le payer un jour ou l'autre en estime de soi…
 
Bref, si vous voulez vous sentir bien, engagez-vous pour une cause humanitaire ou pour la défense des animaux.

 

Conclusion

OK donc je résume, plus une expérience est :
  • nouvelle,
  • génère des émotions fortes,
  • est partagée,
  • sportive,
  • en plein air
  • et altruiste...
...plus elle aura un effet positif sur votre humeur et plus vous serez vacciné(e) contre les idées négatives.
 
Au contraire, plus une activité est :
  • routinière,
  • génère des émotions passives,
  • solitaire,
  • sédentaire,
  • d'intérieur
  • et égoïste...
...moins elle sera bonne pour votre moral.
 
Vous l'aurez compris, pour vous vacciner contre les émotions négatives, le stress, la déprime et compagnie, l'idée c'est d'organiser votre vie de façon à vivre le maximum d'expériences qui contiennent le maximum de ces éléments. 
 
Les expériences qui réunissent ces six éléments sont très rares. Les seules que j'ai réussi à trouver sont sapeur pompier volontaire et militant sur le Sea Shepherd.
 
Mais si une expérience réunit déjà trois ou quatre des facteurs dont j'ai parlé, comme un laser game ou une partie de loup-garou, c'est déjà un bon boost pour le moral. Et si elle en réunit cinq, comme un saut en parachute par exemple, alors là c'est le jackpot.
 
Parfois c'est un peu difficile de trouver des idées alors je compte sur vous pour en poster dans les commentaires de la vidéo. Sachant que pour l'instant j'ai environ dix spectateurs par semaine, je pense que d'ici quatorze millions d'années on aura une bonne liste.
 
Pour conclure, surtout n'éliminez pas une idée sous prétexte que vous pensez que ça ne vous plaira pas. L'être humain est NUL pour prédire l'émotion qu'il ressentira dans une situation future. Donc si vous renoncez sous prétexte que vous pensez ne pas aimer, vous risquez de passer à côté de quelque-chose.
 
La seule bonne raison de ne pas vous lancer dans une activité, c'est si elle vous fait trop peur ou si vous l'anticipez comme trop désagréable. Donc par exemple, pas de saut à l'élastique si vous avez le vertige.
 
Vous commencez sûrement à en avoir marre de voir ma tronche alors je vais m'arrêter là pour aujourd'hui et je vous dis à la semaine prochaine pour une vidéo dans laquelle j'expliquerai pourquoi on a si peur des araignées.
 

Sources 

Brigand, M. – 25/07/2015 – En Finlande, travailler pourrait devenir un choix – www.le figaro.fr
Delichte J. – Does money make us happy ? – positivepsychology.org.uk
Howell, R. T., & Hill, G. (2009). The mediators of experiential purchases: Determining the impact of psychological needs satisfaction and social comparison. The Journal of Positive Psychology, 4(6), 511-522.
Diener, E., & Biswas-Diener, R. (2002). Will money increase subjective well-being? A literature review and guide to needed research. Social Indicators Research, 57, 119–169.
Howell, R. T., & Howell, C. J. (2008). The relation of economic status to subjective well-being in developing countries: a meta-analysis. Psychological bulletin, 134(4), 536.
Teychenne, M., Costigan, S. A., & Parker, K. (2015). The association between sedentary behaviour and risk of anxiety: a systematic review. BMC public health, 15(1), 513.

2 commentaires:

  1. Cet article est purement génial. Je viens de comprendre pourquoi faire le chemin de Saint Jacques en 50 jours de marche non stop m'a autant remonté le moral.Merci!
    Pascal

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    1. Merci pour le compliment.^^ Et merci d'avoir partagé cette expérience, qui pourra sûrement inspirer d'autres personnes. Surtout que c'est un très bon exemple d'expérience enrichissante auquel je n'avais pas pensé.^^

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