jeudi 31 août 2017

Comment aider quelqu'un à perdre du poids plus facilement


Vous souhaitez aider quelqu'un à perdre du poids mais vous ne savez pas comment faire ? La solution pourrait bien se trouver à l'opposé de ce que vous dicte votre intuition.


Quand un proche veut aider quelqu'un à perdre du poids, en général il privilégie les encouragements. Le problème, c'est que même avec la meilleure volonté du monde, cette attitude renforce l'image négative de la personne qui cherche à perdre du poids, en mettant l'accent sur l'objectif qu'elle n'arrive pas à atteindre.

En conséquence, cela génère du stress, de l'anxiété et/ou une baisse d'estime de soi. Et les émotions négatives sont un terreau fertile pour la prise de poids, puisque les aliments sucrés et gras sont souvent un moyen utilisé pour gérer ses émotions.
 
En résumé, même avec la meilleure volonté du monde, les proches ont tendance à favoriser le contraire de ce qu'ils souhaitent en augmentant la prise de poids des personnes qu'ils veulent aider.

Et c'est encore pire lorsqu'ils émettent des critiques. En souhaitant mettre l'accent sur l'importance de l'objectif à atteindre, les proches croient générer de la motivation. Mais ce qui se passe en réalité, c'est qu'ils ne font que miner le moral de la personne qu'ils souhaitent aider.

Mais il existe un moyen d'aider un proche à perdre du poids, grâce à un message tout simple.

Une étude menée par Logel et ses collègues en 2014 a montré que les femmes qui reçoivent des messages d'acceptation à propos de leur poids de la part de leurs familles et de leurs proches sont celles qui parviennent le mieux à maintenir et même à perdre du poids. Leur alimentation est plus saine et elles sont plus actives.

Au contraire, celles qui n'étaient pas rassurées sur leur poids de la part de leurs proches prenaient pratiquement 1 kg supplémentaire par mois.

Conclusion : si vous voulez vraiment aider une personne que vous aimez à perdre du poids, ne cherchez pas à l'encourager. En général, elle se met déjà bien assez la pression toute seule (sans parler de celle de la société, des collègues de travail, des inconnus croisés dans la rue, etc.). Dites-lui plutôt qu'elle est jolie et rassurez-la.
C'est en l'aidant à maintenir une bonne image d'elle-même que vous l'aiderez le mieux.
 

Sources

Photo : Hamza Butt

samedi 5 août 2017

Le moyen le plus simple d'être aimé



En 1967, à l’université d’État de l’Oregon, un étudiant un peu spécial vient assister au cours du professeur Charles Goetzinger. Il se présente à chaque cours caché sous un sac noir en nylon, dont dépasse uniquement ses pieds. Tous les lundis, mercredis et vendredis à 11H du matin, le sac noir s’installe parmi les autres étudiants, sur une chaise près du fond de la classe.
Au départ, les autres étudiants sont plutôt choqués par la présence de ce sac noir dans leur cours et éprouvent de l’hostilité à son égard.
Mais à force de le côtoyer jour après jour, ils passent de l’antipathie à la curiosité, puis s’y habituent et finissent même par l’apprécier, au point de le protéger du harcèlement dont il fait preuve de la part des médias dont son histoire suscite l’attention. 
 
Selon Robert Zajonc, cette histoire illustre le fait que la simple exposition répétée à un stimulus – comme une personne, un objet, un lieu, un son – provoque une attitude positive envers ce stimulus.
 
Dans l’une des expériences que ce chercheur a réalisées et qu’il a développées dans un article en 1968, des sujets ont été exposés à des caractères chinois inconnus.
Officiellement, l’expérience était censée porter sur l’apprentissage d’une langue étrangère. Dans un premier temps, les chercheurs montraient les idéogrammes aux sujets. Certains d’entre eux étaient montrés une seule fois à chaque sujet. D’autres deux fois, cinq fois, dix fois ou encore 25 fois. 
Puis, dans une seconde phase de l’expérience, on demandait aux sujets de deviner si le caractère avait un sens positif ou négatif. Et ce qui s’est passé, c’est que plus les sujets avaient été exposés à un caractère, plus ils lui attribuaient un sens positif.
 
Cet effet de simple exposition, qu’on appelle aussi principe de familiarité, a également été démontré sur toutes sortes de choses, comme des mots, des personnes, des tableaux, des figures géométriques, des portraits et des sons. La conclusion est la même quel que soit le stimulus : la familiarité provoque la préférence. 
 
En même temps, ce n’est pas vraiment une surprise. Depuis bien longtemps on se doutait que c’est l’un des principes sur lesquels repose l’efficacité de la publicité. C’est pour ça que les marques n’ont pas forcément besoin de faire preuve d’inventivité dans leurs spots publicitaires et qu’elles peuvent se contenter de nous bombarder avec leurs logos. C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles il leur arrive de passer leurs publicités trois fois de suite. [mercurochrome, le pansement des héros !]
 
Mais le plus étonnant, c’est que l’exposition n’a pas besoin d’être consciente pour fonctionner. En 1980, Ion et Stromeyer ont réalisé une expérience qui s’est déroulée en deux phases. Dans la première phase de leur expérience, ils ont montré aux sujets 10 formes géométriques, mais seulement pendant 1 milliseconde chacune. Un temps très court, suffisant pour percevoir le flash lumineux, mais insuffisant pour reconnaître la forme affichée. Les chercheurs ont néanmoins demandé aux sujets de bien regarder l’écran pendant tout le temps de l’exposition. 
Dans la seconde phase, ils ont montré aux sujets un assortiment de 20 formes géométriques, parmi lesquelles se trouvaient les 10 qu’on leur avait flashées dans la première phase et on leur a demandé de choisir les formes qu’ils préféraient. Et ce qui s’est passé, c’est que les sujets ont choisi les formes qu’on leur avait flashées, même s’ils n’avaient pas pu les reconnaître. 
 
Vous aurez reconnu le principe de l’image subliminale : une image présentée tellement rapidement qu’elle ne peut pas être perçue consciemment, et qui aurait pourtant un effet sur le comportement du spectateur.
 
Cet effet, bien qu’assez faible en situation réelle, a amené Zajonc à proposer l’hypothèse de la primauté affective.
Selon cette hypothèse, si le stimulus présenté n’a pas besoin d’être reconnu consciemment pour avoir un effet sur le comportement, cela signifie que la réaction affective à son égard n’a pas besoin de faire intervenir le raisonnement. 
Autrement dit, on déciderait qu’une chose est bonne ou mauvaise avant d’y réfléchir, avant de peser le pour et le contre.
Cette hypothèse, dont on reparlera probablement dans une future vidéo, pourrait bien expliquer la pauvreté des arguments de certaines personnes quand elles défendent leurs opinions.
 
Pour en conclure avec l’effet de simple exposition, je voudrais parler de la façon dont il affecte notre vie quotidienne.
Déjà, premièrement, même si vous n’accordez aucune attention à une publicité, tant qu’elle est dans votre champ de vision ou d’audition, elle va quand-même avoir un effet sur vous. Ce qu’il y a de pernicieux avec l’effet de simple exposition, c’est qu’il influence vos choix sans que vous le sachiez, et même si vous pensez être immunisé. Donc même quand vous profitez de la pause pub pour aller faire valser la goutte ou pour vous préparer un sandwich, si vous entendez un slogan ou un nom de produit vous serez plus susceptible d’acheter le produit en question. 
 
Et deuxièmement, sachez que l’effet de simple exposition affecte vos choix politiques. Lorsque les médias vous bombardent à longueur de temps avec certaines personnalités tandis qu’ils omettent, volontairement ou non, de vous en présenter d’autres, ils influencent votre vote. Lors des dernières élections présidentielles, c’est en partie à cause de l’effet de simple exposition que vous avez préféré voter Macron, Mélenchon ou Le Pen plutôt qu’un candidat moins médiatique comme, au hasard, Asselineau par exemple.
 
Alors évidemment, vous allez me dire qu’il y a bien d’autres facteurs qui influencent votre vote, comme vos opinions, le programme des candidats, leur façon de s’exprimer, votre choix de voter utile ou non, etc. Et vous aurez raison. Heureusement, si l’effet de simple exposition a une portée bien réelle, elle reste plutôt faible comparée à celle d’autres facteurs, ce qui est plutôt rassurant.
Ceci dit, si vous découvrez un candidat seulement trois jours avant le début des élections, peu importe son expérience ou la qualité de son programme : il aura toujours l’air moins crédible que ses opposants que vous voyez depuis des années passer à la télévision.
 
Enfin, notez quand-même que l’effet de simple exposition peut être à double tranchant, car si on en abuse, ce qu’on voulait vous faire aimer devient tellement irritant que vous allez au contraire finir par le détester.
 
Donc en résumé, si vous voulez vous faire apprécier, que ce soit pour des raisons commerciales, professionnelles ou même personnelles, la première étape consistera à montrer que vous existez. Faites-vous connaître. Affichez-vous, engagez la conversation, mettez des photos de vous, de vos produits ou de votre logo. Mais par contre, faites bien attention à vous arrêter avant de commencer à devenir pénible.

Sources

  • Ion, V. R., & Stromeyer, C. F. (1980). Affective discrimination of stimuli that cannot be recognized. Science, 207, 1. 
  • Murphy, Sheila T.; Zajonc, R. B. (1993). "Affect, cognition, and awareness: Affective priming with optimal and suboptimal stimulus exposures". Journal of Personality and Social Psychology. 64 (5): 723–739. 
  • Suedfeld, P., Rank, D., & Borrie, R. A. (1975). Frequency of Exposure and Evaluation of Candidates and Campaign Speeches1. Journal of Applied Social Psychology, 5(2), 118-126. 
  • Vavreck, L. (07/10/2014) A campaign dollar’s power is more valuable to a challenger - https://www.nytimes.com/2014/10/08/upshot/a-campaign-dollars-power-is-more-valuable-to-a-challenger.html?_r=0 
  • Vleugel, A. (2012), Ten unusual experiments in the name of science – the black bag experiment. UA magazine – https://www.ua-magazine.com/ten-unusual-experiments-in-the-name-of-science-the-black-bag-experiment/.WMvh2WfjKUl#.WNWD3mfjKUk 
  • Zajonc, R. B. (1968). Attitudinal effects of mere exposure. Journal of personality and social psychology, 9(2p2), 1. 
  • Zajonc, R.B. (February 1980). "Feeling and thinking: Preferences need no inferences". American Psychologist. 35 (2): 151–175.

mardi 18 juillet 2017

sport extrême et dépression

On savait déjà que l'activité physique, même modérée, a un effet positif sur l'humeur. Mais tous les sports ne se valent pas. A même intensité, les sports dits extrêmes auraient un effet plus important sur l'humeur que les autres.


Connaissez-vous le bloc ? C'est un type d'escalade qui consiste à grimper des surfaces pouvant aller jusqu'à 5 mètres de haut, sans être assuré. Ni baudrier, ni corde, ni mousqueton.

Des chercheurs allemands (Luttenberger et al., 2015) ont voulu tester si ce sport pouvait aider à guérir la dépression. Pour cela, ils ont recruté une cinquantaine de participants souffrant de dépression, à qui ils ont fait suivre un programme de "bloc-thérapie" qui consistait à pratiquer cette activité trois heures par semaine.

Après huit semaines de pratique, les sujets montraient déjà une nette amélioration de leurs symptômes, avec une perte moyenne d'un "degré" de dépression. C'est à dire que les personnes à l'origine en dépression sévère (évaluée par l'intermédiaire du Beck Depression Inventory) étaient "descendus" au niveau d'une dépression modérée, celles qui présentaient à l'origine une dépression modérée présentaient une dépression légère, etc.

Cet effet sur la dépression est supérieur à celui d'autres sports plus classiques, comme la course à pieds par exemple. D'après les chercheurs, c'est l'aspect mental du bloc qui fait la différence. Quand on pratique cette activité, on doit être pleinement concentré sur ce qu'on fait, focalisé sur l'instant présent, pour ne pas tomber. Il n'y a pas de place pour laisser l'esprit vagabonder et ruminer ses pensées négatives.

Ajoutez à cela le gain en estime de soi et confiance en soi qu'apporte la satisfaction d'avoir surmonté ses peurs, d'avoir atteint un objectif, et vous avez la recette parfaite pour améliorer son humeur.

Notez que bien que l'étude portait exclusivement sur la pratique du bloc, ce n'est pas le seul sport présentant ces caractéristiques. C'est le cas de tous les sports dits extrêmes (les sports qui ne sont pas ennuyeux, quoi).

En somme, c'est une autre façon de dire ce que j'avais déjà développé dans une vidéo : Comment vous "vacciner" contre la déprime.


Sources

Crédit photo : Steenaire

mardi 4 juillet 2017

Entraînez-vous en ligne au mastermind (tests psychotechniques)

Vous préparez le concours d'entrée en IFSI pour devenir infirmière (ou infirmier) ? Dans ce cas, il est probable que vous redoutiez l'épreuve des tests d'aptitude. La bonne nouvelle, c'est qu'aujourd'hui il existe des moyens pour s'entraîner en ligne, depuis votre ordinateur, tablette ou smartphone.

 


Avec l'épreuve des tests d'aptitude du concours infirmier, il y a un exercice qui revient souvent : le mastermind (ou carré logique). Cet exercice est réputé pour être un classique du concours d'entrée en IFSI, même si on le retrouve presque aussi souvent dans le concours d'entrée en IFAP.

Et le mastermind, ça fait peur. Encore plus que pour le reste de l'épreuve de tests d'aptitude. Parce que le mastermind, c'est difficile. Le type de raisonnement utilisé pour en résoudre les questions sollicite énormément la mémoire de travail. En plus, beaucoup de candidats ont du mal à bien comprendre la consigne de cet exercice.

Dommage, parce que comme les masterminds sont très répandus dans les concours. Un candidat qui ne maîtrise pas cet exercice risque de voir sa note privée de précieux points, et son classement sur la liste d'entrée sérieusement réévalué.

Heureusement, ce n'est pas une fatalité. Comme toujours avec les tests psychotechniques, c'est l'entraînement qui prime. En multipliant la pratique sur des exercices variés, tôt ou tard on finit par gagner en compétence et s'assurer une belle performance.

Et pour s'entraîner, on n'est pas obligé de se contenter des classiques manuels de tests. Aujourd'hui, il existe des solutions innovantes, qui permettent de s'entraîner n'importe où pour peu qu'on ait accès à Internet : chez soi sur son ordinateur, depuis son canapé avec sa tablette et même dans le bus avec son smartphone.

C'est le cas du site tests-psychotechniques.sithis.fr, par exemple, qui permet aux futurs candidats au concours de maîtriser parfaitement le mastermind.

Tout d'abord, le site propose des tutoriels en accès libre, en format textuel et bientôt également en vidéo.
Mais sa vraie richesse se situe ailleurs : dans sa base de données de questions. Très importante, à ce jour elle compte déjà plus de 5000 questions. Et chacune est sélectionnée aléatoirement à chaque fois que vous lancez un exercice. De cette façon, vous tombez à chaque fois sur un nouveau problème à résoudre et vous évitez la redondance des questions.

De plus, chaque question est accompagnée d'une solution détaillée. Comme ça, même quand vous vous trompez, vous avez la possibilité de suivre pas à pas le raisonnement qui conduit à trouver la solution.

exemple d'exercice de mastermind
Extrait d'un exercice de mastermind proposé sur le site tests-psychotechniques.sithis.fr

Le site propose également d'autres fonctionnalités très utiles, comme la possibilité de choisir le niveau de difficulté des questions avec lesquelles vous vous entraînez ou des mises en situation de concours chronométrées.

En résumé, tout est là pour vous permettre de connaître le mastermind sur le bout des doigts. Après ça, cet exercice n'aura plus de secret pour vous.


samedi 22 avril 2017

L'estime de soi: comment ça fonctionne et comment l'augmenter



En 1890, William James publie un livre intitulé Principes de psychologie. Le bouquin est énorme. Il fait plus de 1300 pages. Autant vous dire que je n’ai pas eu le courage de tout lire. D’autant plus que pour moi, William James c’est un peu le Aristote de la psychologie.
 
Mais comme même une horloge cassée donne la bonne heure deux fois par jour, il y a quand-même une phrase parmi les 1300 pages de cet ouvrage qui a retenu l’attention des psychologues. Cette phrase, glissée presque furtivement au milieu du pavé, concerne le fonctionnement de l’estime de soi.

Le rôle de l’estime de soi

On peut définir l’estime de soi comme la considération qu’on a pour soi-même.
Autant dire que c’est important, parce que si on n’aime pas quelqu’un, on n’est pas forcément obligé de le supporter toute la journée. Mais si on ne s’aime pas soi-même, si on n’aime pas ce qu’on est, les conséquences sont plus graves...

Quand on a une bonne estime de soi, ça revient à se considérer comme quelqu’un de bien, de valable. Une mauvaise estime de soi signifie au contraire qu’on se considère comme quelqu’un qui ne vaut pas grand-chose, qui n’apporte rien, qui ne manquerait à personne, voire, dans les cas les plus extrêmes, on peut en arriver à penser que le monde se porterait mieux sans nous.

L’estime de soi, c’est la considération qu’une personne a pour elle-même.

Vous imaginez sans peine jusqu’où ça peut mener. Une mauvaise estime de soi est caractéristique de la dépression et en constitue souvent la porte d’entrée (Sowislo & Orth, 2013).
Les personnes qui manquent d’estime pour elles-mêmes peuvent aussi avoir tendance à se négliger. Elles cessent de porter attention à leur apparence physique et à leur hygiène de vie, voire même à leur hygiène tout court et à leur santé.
Une mauvaise estime de soi entraîne également souvent une diminution de la confiance en soi, de l’anxiété et des difficultés à s’affirmer.

Bien entendu, tous ces signes sont proportionnels au manque d’estime de soi ressenti. Dans les cas les plus légers, on va « juste » déprimer un peu de temps en temps et passer tout le week-end en pyjama, alors que dans les cas les plus graves, ça peut aller jusqu’au suicide.

Il est donc important d’avoir une bonne estime de soi.
Cependant, attention à ne pas basculer dans le narcissisme. Le narcissisme ressemble à une estime de soi démesurée, mais en réalité il s’agit surtout d’un mécanisme de défense qui masque au contraire une estime de soi défaillante. Une bonne estime de soi, c’est une estime de soi positive, mais aussi une estime de soi solide.

J'ajouterai que si l'estime de soi est nécessaire pour être heureux, elle n'est pas suffisante. Il y a bien d'autres conditions à remplir. Mais disons que si on a une bonne estime de soi on a déjà fait une bonne partie du chemin.
 

Fonctionnement de l'estime de soi

Pour en revenir à William James, selon lui l'estime de soi est le résultat d'une fraction toute simple, dont le numérateur est constitué de nos succès et le dénominateur de nos prétentions.

 
Si vous vous rappelez de vos cours de maths, il y aurait donc deux façons d'améliorer l'estime de soi : en augmentant ses accomplissements, ou alors en diminuant ses prétentions, c'est à dire en renonçant à certaines choses importantes pour nous.

Pour mieux comprendre ce que ça représente, imaginez un axe qui représente l'accomplissement personnel.

Sur cet axe, chaque personne place un premier point là où il estime se trouver actuellement. Ce point correspond à la représentation de son soi actuel. Aujourd'hui, à cet instant t, voilà ce que j'ai accompli.

Forcément, plus on aura le sentiment d'avoir accompli des choses au cours de sa vie, plus ce point sera élevé. Mais pour l'estime de soi, contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, ça n'a aucune importance. Ce qui compte, c'est la distance qui sépare ce point d'un second, plus haut, qui correspond à nos prétentions.

Ce second point représente ce qu'on aimerait être, autrement dit le soi idéal.

Le soi idéal est composé de tout ce qui a de l'importance à nos yeux. Par exemple le fait d'obtenir tel ou tel diplôme, d'avoir des enfants ou encore d'avoir 50 000 followers sur Instagram.
Du coup, le soi idéal constitue une sélection, dont on exclue tout ce qu’on considère sans importance. Par exemple, dans mon soi idéal à moi, il n'y a rien qui concerne le foot ou la culture. Ce qui fait que j'en ai rien à faire d'avoir deux pieds gauches ou d'être une quiche à questions pour un champion. Je ne me sens pas nul à cause de ça, parce que j’ai choisi d’autres intérêts et ceux là n’affecteront pas mon sentiment de valeur personnelle.
Par contre, si un jour j’apprends que 3/4 des spectateurs de cette vidéo détestent mon travail, là je vais me rouler par terre et pleurer.

Pour en revenir au schéma, plus il y a de distance entre le soi actuel et le soi idéal, autrement dit entre ce qu'on est et ce qu'on voudrait être, et plus l'estime de soi est faible.
Au contraire, plus ces deux points sont proches, ce qui revient à rapprocher le résultat de la fraction de William James de 1, plus l'estime de soi est élevée.

En fait, pour gagner en estime de soi, il n’est pas forcément nécessaire d’augmenter ses accomplissements.
On peut aussi choisir de renoncer à certaines prétentions. Et dans son bouquin, James met particulièrement l'accent sur ce dernier point, en insistant sur le soulagement qu’on ressent lorsqu’on abandonne un but inaccessible, comme la quête pour rester jeune par exemple, et que l’on finit par s’accepter tel qu’on est.

« Comme nous trouvons plaisant le jour où nous abandonnons la lutte pour rester jeunes – ou minces ! Merci mon dieu, disons-nous, ces illusions sont parties. Tout ce que l’on ajoute au Soi est un fardeau autant qu’une vanité. » William James

Avec un exemple, vous verrez que je viens juste d'enfoncer une porte ouverte. Si on imagine une personne qui aspire à se marier, avoir des enfants, un bon niveau de revenus et être propriétaire d'une maison, vous vous doutez que si cette personne atteint ces objectifs elle se sentira bien dans sa peau.
Au contraire, si elle se retrouve seule, sans emploi dans un appartement hlm et sans enfant, elle va forcément avoir une mauvaise estime de soi.

Si on reprend la fraction de James, plus ces deux points sont éloignés, plus le numérateur est faible par rapport au dénominateur, et donc plus le résultat est proche de 0. Au contraire, plus ces deux points sont rapprochés, plus le numérateur se rapproche du dénominateur et donc plus le résultat s'approche de 1.

D'ailleurs au passage, on n'aura jamais plus que 1, parce que pour ça, il faudrait que le numérateur soit plus élevé que le dénominateur. Et ça n'arrive jamais, parce que même dans les cas où l'on atteint nos aspirations, on se débrouille toujours pour en trouver de nouvelles.
 

Comment améliorer l'estime de soi ?

Pour améliorer l'estime de soi, l'idée c'est de rapprocher ces deux points. Donc soit on diminue nos prétentions en renonçant à certains buts, soit on monte le second point.

Dans le premier cas, il s’agira de faire le tri pour trouver ce qui compte vraiment pour vous et laisser de côté ce qui n’est pas si important. Dans le second cas, il s’agira de focaliser votre énergie sur les choses qui comptent vraiment à vos yeux, au lieu de vous disperser sur des choses qui n’ont pas d’importance.

Dans les deux cas, cela demande d’identifier ce qui compte vraiment. Qu’est-ce qui est important pour vous ? Quelle personne aimeriez-vous être ? Vous pourriez essayer de faire une liste, mais à tous les coups, il va y avoir deux problèmes. Soit vous allez oublier des trucs, soit vous allez la remplir de choses qui n’ont pas tant d’importance que ça.

Alors, pour éviter ça, je vais vous montrer une liste de valeurs qui est très fortement inspirée de l’excellent bouquin « guérir l’anxiété » de la collection « pour les nuls. » Dans cette liste, vous allez commencer par choisir les 5 valeurs les plus importantes à vos yeux. Ça va sûrement être difficile d’en choisir seulement 5, mais c’est important que vous respectiez cette limite.
Mettez la vidéo en pause pour bien prendre le temps de choisir, et je vous conseille aussi de les noter quelque-part si vous avez de quoi écrire sous la main. Puis, quand vous aurez choisi les cinq valeurs qui comptent le plus à vos yeux, comparez-les à votre quotidien. Pour ça aussi, mettez la vidéo en pause et prenez le temps de répondre aux questions qui s’affichent à l’écran.

Bien entendu, ça ne suffira pas. Identifier ses valeurs, c’est comme fixer la destination d’un voyage. Une fois que c’est fait, il reste encore tout le chemin à parcourir. Mais au moins, ça vous permettra de vous situer, et surtout, d’éviter de vous perdre.
 

Sources