vendredi 26 avril 2013

Avez-vous une image fidèle de vous-même ?


Votre physique ne vous plaît pas ? Votre nez/menton/front/etc. vous complexe ? Rassurez-vous, il est probable que vos défauts soient bien moins visibles que ce que vous imaginez.

Dans cette vidéo, des femmes sont conviées à réaliser une expérience.
Chacun d'elles décrit son propre visage à un dessinateur de portraits robots, situé de l'autre côté d'un rideau afin de ne pas la voir. Celui-ci en réalise un croquis qui reflète la façon dont elle se voit elle-même.
Par la suite, ce croquis est comparé à un second dessin, du même visage, mais qu'une autre personne a décrit au dessinateur.
En regardant la vidéo, vous verrez que les différences sont frappantes. Les femmes ayant réalisé l'expérience se perçoivent toutes comme moins attirantes qu'en réalité.
Finalement, qui peut dire qu'il a une image juste de lui-même/elle-même ?

mercredi 30 janvier 2013

L'échec, c'est bon ou mauvais ?

photo : StockMonkeys.com

« J’ai raté 9000 tirs dans ma carrière. J’ai perdu presque 300 matchs. 26 fois, on m’a fait confiance pour prendre le tir de la victoire et j’ai raté. J’ai échoué encore et encore et encore dans ma vie. Et c’est pourquoi je réussi. » Michael Jordan

Comme Michael Jordan, Walt Disney, Winston Churchill, Thomas Edison, Steve Jobs et tant d'autres, tout le monde a été ou sera confronté à des échecs. L'échec n'a pas empêché ces personnages célèbres d'atteindre le succès et la renommée qu'on leur connaît. Mais pour d'autres, il s'agit d'une épreuve trop difficile à vivre. Combien de brillants esprits ont renoncé à des carrières prometteuses parce qu'ils n'ont pas su se remettre d'un échec ? Voire même, combien y ont renoncé simplement par peur de subir un échec ?

Pourtant, l'échec est une chance. C'est par lui qu'on apprend le mieux. Ne dit-on pas apprendre « par essai et erreur » ? Dire l'inverse, apprendre « par essai et succès » n'aurait aucun sens.

Si l'on en croit Bruce Pandolfini, le jeu d'échecs porte bien son nom. Ce maître américain du légendaire jeu de stratégie enseigne son art et sa technique à de jeunes joueurs. Pour lui, perdre est une étape incontournable : « Au départ, vous perdez – et souvent. » Les futurs bons joueurs sont ceux qui apprennent à encaisser ces échecs. Beaucoup de jeunes joueurs trouvent que perdre est tellement dur qu'ils ne s'adapteront jamais. Mais les bons joueurs ne prennent pas l'échec personnellement. Ils ne s'impliquent pas émotionnellement dans le jeu.

A en croire Bruce Pandolfini, grand joueur et professeur d’Échecs, ce jeu porte bien son nom - photo : Moyan_Brenn_be_back_on_Jan_20th

Alors qu'est-ce qui différencie ceux qui se remettent des échecs de ceux qui les ruminent et n'arrivent pas à les dépasser ? La réponse ne se situe pas dans la gravité des échecs subis, ni dans leur nombre, mais dans la manière dont on les appréhende. Certains, comme le dit Samuel Beckett, « échouent mieux ».

« Ce ne sont pas les événements qui troublent les hommes, mais l'idée qu'ils s'en font. » Epictète

Il existe deux systèmes de croyance à propos de l'intelligence. Certains croient que l'intelligence est fixe, qu'elle ne peut pas être améliorée. D'autres croient au contraire que l'intelligence est malléable, qu'elle peut être améliorée avec l'expérience ou le travail.
Les premiers, ceux qui croient que l'intelligence est figée une fois pour toutes, sont moins résilients. Logique, si vous ne pensez pas que vous pouvez apprendre de vos erreurs, vous n'accueillerez pas l'échec à bras ouverts.
Au contraire, ceux qui croient que l'intelligence est malléable sont plus résilients. Ils considèrent que l'échec est une occasion de s'améliorer. La prochaine fois, ils ne reproduiront pas les mêmes erreurs. Et comme ils n'ont pas peur de l'échec, ils réussissent mieux.

Paul MacCready, Jr., le célèbre ingénieur aéronautique qui est mort en 2007, avait compris la valeur pratique de l'échec, et a même volontairement construit son succès sur cette idée.
Il a conçu le Gossamer Condor, un avion à propulsion humaine, spécifiquement pour résister aux crashs. Ainsi, en cas d'échec, le pilote ne risquait rien et l'avion était facilement réparable. Cela lui permettait d'essayer ses idées, puis de les corriger si elles ne fonctionnaient pas. Et ainsi de continuellement s'améliorer.
Il ne s'attendait pas seulement à échouer. Il était dépendant de l'échec. L'échec était pour lui une ressource. Et cette stratégie a fonctionné, Paul MacCready, Jr. a gagné le prix Kremer en 1977.

Ce qui était valable pour lui est valable pour nous aussi. La recherche a montré que lorsque nous cherchons la solution à un problème, l'échec permet d'apprendre plus rapidement : plus nos premières idées sont erronées, et plus nous apprenons vite. Le cerveau a besoin de l'échec pour se nourrir.

C'est aussi parfois une opportunité de changer. Les villes de Londres et Chicago ont chacune subi un grand incendie qui les a ravagées. Ces villes ont saisi cette occasion pour se reconstruire de manière plus cohérente et plus moderne.

« Les temps difficiles que nous craignons sont précisément ceux qui peuvent nous ouvrir et nous aider à fleurir. » Elizabeth Lesser

samedi 8 décembre 2012

un truc tout simple contre la dépression

photo : Fardoe Ruitenberg
Vous pensiez que le café n'avait que des effets négatifs sur la santé ? Détrompez-vous. Il a aussi ses bienfaits. Des études suggèrent qu'il pourrait par exemple réduire le risque de rupture d'anévrisme, bénéficier aux patients diabétiques, aider à la perte de poids, etc.
Mais les effets positifs du café ne se limitent pas à la santé physiologique, puisqu'un article (Lucas, Mirzaei, Pan et al., 2011) montre un lien entre consommation de café et diminution du risque de dépression.
Dans cette étude, les participantes qui buvaient deux à trois cafés par jour avaient un risque de dépression 15% plus faible que celles qui buvaient moins d'une tasse par semaine. 

Attention toutefois. Comprenez bien qu'il ne s'agit là que d'une corrélation. Pour l'instant, cette étude permet juste de dire que les personnes qui boivent régulièrement du café sont moins sujettes à la dépression. Pour l'heure, il demeure impossible d'être sûr que c'est la consommation de café qui éloigne la dépression. Avec un peu de créativité, on pourrait très bien imaginer d'autres explications à ce lien.
Cependant, cela reste l'hypothèse privilégiée, dans le sens où  le café joue au niveau biologique sur deux phénomènes influençant l'humeur :
  • à court terme, en régulant l'activité de deux neurotransmetteurs (les "messagers nerveux", qui transmettent l'information entre les neurones) impliqués fortement dans la dépression : la sérotonine et la dopamine ;
  • à long terme, grâce à ses propriétés antioxydante et anti-inflammatoire, facteurs soupçonnés d'être impliqués dans la dépression.
Cependant, cette bonne nouvelle ne doit pas vous faire oublier que le café a aussi des effets indésirables. Au niveau physique, il augmente la pression sanguine. Ainsi, il augmente par exemple de risque de déclencher un glaucome.
Et au niveau mental, il peut accentuer, voire provoquer, de l'anxiété ainsi que des insomnies. Et chez les grands consommateurs de caféine, on observe un syndrome de sevrage lorsqu'ils sont privés de leur "dose". 
Donc pas question d'en abuser. Les médecins recommandent de ne pas dépasser quatre tasses de café par jour pour un adulte.

mardi 18 septembre 2012

Regarder la télé peut aussi avoir des effets positifs

photo : Mom the Barbarian
Tout le monde ne cesse de le répéter : la télévision est un poison pour l'esprit. Des centaines d'études scientifiques ont démontré ses effets négatifs sur la santé physique et mentale. En résumé, la télé rend les gens violents, idiots et sédentaires. C'est vrai et ce n'est plus à prouver. Néanmoins, elle peut aussi avoir des effets positifs.

Notamment, une chercheuse de l'université de Buffalo nommée Jaye Derrick (ça s'invente pas^^) s'est attachée à montrer que sous certaines conditions, regarder la télévision peut avoir un impact positif*. Notamment, regarder les rediffusions de vos séries télés préférées pourrait donner un coup de boost à votre volonté, c'est à dire votre capacité à rester focalisé(e) sur l'atteinte d'un objectif malgré les obstacles qui se présentent.

Et ce n'est pas tout, la chercheuse en question va bientôt publier de nouveaux résultats indiquant que cela pourrait également faire de vous une personne meilleure, en vous rendant plus prompt(e) à pardonner, plus enclin(e) à aider une personne inconnue et plus généreux(se) envers votre partenaire amoureux.

De là à vous conseiller de vous affaler sur votre canapé pour regarder la télé...

Personnellement, je me booste en regardant les rediffs de Dr House. Et vous, sur quelle série allez-vous exercer votre volonté ?

mardi 11 septembre 2012

Faut-il éviter de penser à ses problèmes pour aller mieux ?

Josh Radnor, l'acteur qui joue Ted Mosby dans la série How I Met Your Mother

Dans le 6ème épisode de la saison 4 de l'excellente série How I Met Your Mother, les amis de Ted s'inquiètent pour lui. En effet, il vient juste de vivre un évènement particulièrement douloureux. Il devait se marier. Mais Stella, la femme qu'il devait épouser, l'a abandonné au dernier moment devant l'autel pour repartir vivre avec son ex.
On peut parler d'un coup dur. Pourtant, Ted semble bien encaisser l'évènement. En fait, s'il semble aller si bien, c'est parce qu'il préfère ne pas penser à ce qui s'est passé. Au point qu'il évite tous les endroits où il pourrait croiser son ex-future femme :

- Ted : Oui, je l'évite. Quel est le problème ? On fait comme ça.
- Marshall : C'est qui « on », des petites bites ?
- Ted : Non, « on », ce sont les gens du grand État d'Ohio. Quand la vie est dure, nous prenons la douleur et nous l'enfouissons. Et si la douleur remonte, on enfouit une autre douleur par dessus. Pourquoi affronter quand on peut éviter ? Tout ce que j'ai à faire c'est de jamais la revoir, et j'aurai une longue vie heureuse.

Éviter de penser à ses problèmes, en espérant que cela permette de se sentir mieux, ou moins mal, cela s'appelle l'évitement cognitif (en anglais cognitive avoidance). C'est un phénomène que l'on retrouve très fréquemment chez les personnes dépressives, anxieuses, procrastinatrices (qui remettent tout au lendemain) ou victimes d'un syndrome post-traumatique. 
L'idée, consciente ou non, est que si l'on pense à ses problèmes, cela génère une émotion négative. Donc si l'on évite d'y penser, l'émotion négative disparaîtra.
On s'approche ici du concept psychanalytique de refoulement, un mécanisme de défense qui vise, si on simplifie, à protéger l'esprit de ce qui pourrait lui faire du mal en empêchant les mauvais souvenirs de se rappeler à la conscience.

Le problème, c'est que cela se fait au prix d'une dépense d'énergie considérable. Ted, dans l'exemple ci-dessus, dessine même un plan de New-York mentionnant les endroits où il risquerait de croiser Stella, afin d'éviter de s'y rendre et ainsi continuer d'éviter la souffrance engendrée par ce qui lui est arrivé. 
Bien sûr, il s'agit d'un exemple fictif, mais la réalité n'est souvent pas plus rose. Certains tombent dans l'abus de drogue ou d'alcool pour s'aider à éviter de penser à leurs soucis. D'autres sont victimes de la culpabilité ou du stress engendrés par cette attitude. Car si les pensées peuvent être contrôlées, ce n'est pas le cas des émotions. Et si l'on peut relativement facilement éviter de penser à ses soucis en se concentrant sur autre chose, les émotions restent présentes.
Et l'autre inconvénient, c'est que cela ne règle absolument pas le problème. Au contraire même, si l'on évite de penser à ses problèmes, ils risquent bien souvent d'empirer. Et au bout d'un moment, ils deviennent trop gros pour être ignorés. Et là, c'est la catastrophe assurée. Il existe de nombreux exemples de personnes dépressives qui, lorsqu'elles vont un peu mieux, évitent de repenser à leurs problèmes par peur de retomber dans une nouvelle crise de déprime. Pourtant, cela ne fait que reculer l'échéance et crée les conditions pour que la crise suivante soit encore pire que la précédente. Au contraire, si elles prenaient les choses en main quand elles se sentent bien, cela permettrait de limiter les dégâts. Voire même parfois de guérir, tout simplement.

De même qu'il vaudrait mieux réduire ses déchets que les enfouir, mieux vaut régler ses problèmes que tenter de les oublier ;)

Mais alors pourquoi tant de monde perpétue cette façon de fonctionner ? La question est vaste, mais on peut imaginer que lorsqu'un homme agit ainsi, l'influence culturelle y est pour quelque-chose avec l'idée que si l'on se plaint ou que l'on se montre vulnérable, on se montrera ridicule et faible. 
Mais l'explication principale, c'est que lorsqu'on agit ainsi, c'est tout simplement parce qu'on n'a pas trouvé de meilleur moyen pour aller mieux. On est victime de croyances erronées sur la manière dont fonctionne l'esprit et les émotions.

Si vous êtes quelqu'un d'anxieux, procrastinateur ou que vous avez tendance à déprimer, soyez vigilant(e) à ne pas sombrer dans ce phénomène d'évitement cognitif. Demandez à vos proches de vous rappeler à l'ordre lorsque vous repartez sur cette mauvaise habitude. Et si cela ne suffit pas, un psychologue ou un psychothérapeute vous permettra de faire de ce mode de fonctionnement aux conséquences désastreuses une histoire ancienne.