vendredi 24 juin 2016

un lien entre optimisme et mémoire ?

 

Une nouvelle étude suggère que l'optimisme a un rôle protecteur sur la mémoire.


On savait déjà que l'optimisme favorise une meilleure hygiène de vie et une meilleure santé. Il joue donc un rôle protecteur indirect contre les pertes de mémoire chez les personnes âgées. Mais pour la première fois, une étude a démontré qu'il existe un lien direct et causal entre optimisme et diminution du risque de dégénérescence cognitive.

L'étude a duré quatre ans et a porté sur 4624 personnes, âgées de 65 ans et plus. Les personnes les plus optimistes au début de l'étude étaient celles qui avaient le moins de risque de souffrir de dégénérescence cognitive 4 ans plus tard. Inversement, les personnes les moins optimistes étaient celles qui avaient le plus de risque d'être affectées par des pertes de mémoire.

De plus, ce lien entre optimisme et mémoire persistait même en annulant les effets de l'hygiène de vie sur la mémoire.

En résumé, l'optimisme protège contre les problèmes de mémoire. Et plus on est optimiste, plus cet effet protecteur est présent.

Source :

vendredi 13 novembre 2015

De la psychologie et des grosses balles



George Scott, un joueur de baseball de l'équipe des Red Sox de Boston, a dit un jour ‘‘Quand vous jouez bien, la balle vient à vous grosse comme un pamplemousse. Quand vous jouez mal, elle ressemble à un black eyed pea."
Non mais pas le groupe de musique, c'est le nom anglais pour cornille, ou haricot niébé.
C'est un haricot à graines de taille moyenne en forme de rognon. Il est fréquemment utilisé dans la cuisine chypriote, et aussi dans la cuisine portugaise. Il peut se consommer chaud ou en salade.

OK donc qu'est-ce que je disais déjà ?
Donc ce que George Scott voulait dire, c'est que quand il jouait mal, la balle semblait toute petite. Alors que quand il jouait bien, il avait l'impression qu'elle était plus grosse que d'habitude.

Ce n'est pas le seul joueur à avoir remarqué ce phénomène. Il arrive souvent que les joueurs de baseball ou de tennis, après un bon match, disent qu'ils ont eu l'impression que la balle était plus grosse qu'en réalité.
Pour les joueurs de basket ou de golf, c'est la cible, c'est à dire le panier ou le trou, qui semble plus grande et donc plus facile à atteindre.

La question est de savoir jusqu'où va cette illusion. Est-ce que les bons joueurs disent ça juste comme ça ou est-ce qu'il s'agit vraiment d'une réalité psychologique ?
 

L'expérience

Pour le savoir, des chercheurs ont interrogé 47 joueurs de softball après un match. Le softball, ou balle molle comme on dit au Québec, c'est un genre de baseball mais avec une balle plus grosse et une batte plus petite.

Les chercheurs ont montré aux joueurs des cercles noirs de différentes tailles et leur ont demandé d'évaluer celui qui correspondait aux dimensions d'une balle de softball.

Et ce qui s'est passé, c'est que les joueurs qui venaient de faire un bon match ont estimé la balle comme significativement plus grosse que ceux qui avaient fait un mauvais match.

Deux explications possibles

Impossible de savoir exactement ce qui se passe dans le cerveau des joueurs. Notamment, on ne peut pas dire avec certitude si c'est le fait de percevoir la balle comme plus grosse qui rend les joueurs meilleurs ou si c'est le fait d'avoir bien joué qui donne l'impression que la balle était plus grosse.

Une explication possible est que le cerveau des bons joueurs est si focalisé sur la balle qu'elle occupe tout leur champ visuel. Une explication qui cadrerait avec le phénomène du flow décrit par Mihaly Csikszentmihalyi.
La plupart d'entre vous a sans doute déjà vécu une expérience de flow : au travail, en sport, en jouant à un jeu vidéo ou même au lit avec un ou une partenaire. Si c'est le cas, vous comprendrez tout de suite de quoi je parle et si c'est pas le cas, vous êtes passé à côté de quelque-chose.
Quand le flow est à son paroxysme, la concentration sur ce qu'on fait est maximale, on réussit tout ce qu'on fait avec facilité et on éprouve une sensation de bien-être parfois accompagnée d'une distorsion du temps.
Quand on vit une expérience de flow, la concentration sur ce qu'on fait est si forte que le monde pourrait s'écrouler autour de nous sans qu'on le remarque. C'est comme si l'attention se focalisait exclusivement sur la tâche en cours comme un projecteur et que l'esprit éliminait de son champ de conscience tout ce qui ne lui sert à rien pour y arriver.
Si on suppose que les bons joueurs de l'expérience étaient plus proches de l'état de flow que les mauvais joueurs, on peut imaginer que la balle occupait une si grande place dans leur champ de conscience qu'elle semblait plus grosse qu'en réalité.

Une autre explication impliquerait non pas la perception de la balle, mais la mémoire. En simplifiant un peu, grosso modo le cerveau se dirait après le match : "si j'ai si bien réussi à taper la balle, c'est qu'elle était facile à atteindre." Et cela le conduirait à surestimer a posteriori, c'est à dire après le match, la taille de la balle.

Pour l'instant on ne sait pas laquelle de ces deux explications est la bonne. Peut-être même qu'il y a une autre interprétation possible de ces résultats à laquelle on n'a pas encore pensé. 

Mais ce n'est pas le plus important. Si je vous parle de cette étude, c'est pour une très bonne raison. Une très bonne raison que je n'ai pas encore trouvée. Oui parce qu'en fait je n'ai absolument aucune idée de ce à quoi ça peut servir dans la vie de savoir que quand on joue bien on perçoit les balles comme plus grosses que quand on joue mal.

Bref on a fait le tour du sujet. On se retrouve bientôt. Et d'ici là, vu le sujet de la vidéo d'aujourd'hui ce n'est pas la peine de prendre le temps d'y penser.

"Le golf consiste à mettre une balle de 4 cm de diamètre sur une boule de 40.000 km de tour et à frapper la petite, non la grande." Winston Churchill

Sources

samedi 12 septembre 2015

Pourquoi a-t-on si peur des araignées ?



En 2014, une famille anglaise a dû évacuer son domicile après avoir acheté des bananes à l'épicerie du coin. Les bananes hébergeaient des spécimens d'une araignée potentiellement mortelle : la phoneutria nigriventer. Ces araignées se sont répandues et ont pondu des œufs dans tout l'appartement, qui a dû être décontaminé par des professionnels.
Depuis que j'ai appris ça, j'inspecte toutes les bananes que je mange avec attention.

Il existe des phobies à propos de tout et n'importe quoi. L'éventail va des peurs les plus communes, comme l'arachnophobie ou la claustrophobie, jusqu'à des craintes plus étranges, comme la carminophobie, qui consiste en la phobie de... péter.

Le truc, c'est qu'avec la bonne méthode, on peut conditionner n'importe qui à avoir peur de n'importe quoi. En 1920, John Broadus Watson et son assistante Rosalie Rayner décident de conditionner le petit Albert, un enfant âgé de neuf mois, à avoir peur des rats blancs.

Au départ, les chercheurs commencent bien évidemment par vérifier qu'Albert n'a pas déjà peur des rats blancs. Ils lui en présentent un, avec lequel l'enfant joue sans aucune crainte. Le rat ne déclenchant aucune peur, il joue le rôle de stimulus neutre.

En revanche, comme tous les enfants de neuf mois, Albert est terrorisé par les bruits brusques. Les chercheurs vont donc utiliser le son d'un choc métallique comme stimulus inconditionnel, c'est à dire un stimulus qui déclenche systématiquement une réponse réflexe, en l’occurrence la peur.

C'est à ce moment que les affaires se corsent pour le petit Albert, car pour lui inculquer la peur du rat blanc, les chercheurs vont associer les deux stimuli. A chaque fois que l'enfant touche l'animal, Watson frappe violemment une barre métallique avec un marteau pour le terroriser. Et ça marche. Invariablement, l'enfant se met à hurler de peur en pleurant.

Mais surtout, au bout d'un certain temps, le bruit métallique n'est plus nécessaire. Le rat est devenu un stimulus conditionnel, c'est à dire qu'à chaque fois que les chercheurs présentent le rat au petit Albert, même sans le bruit métallique, l'enfant se met à flipper et essaye de s'échapper.

En d'autres termes, le pauvre petit Albert est devenu phobique des rats blancs. 

Avec cette méthode, qui s'appelle le conditionnement classique ou encore conditionnement pavlovien, on peut fabriquer n'importe quelle phobie imaginable. On peut même conditionner des gens à avoir peur de formes géométriques.

En fait, beaucoup de phobies se produisent accidentellement par ce processus. Pas toutes, parce qu'il y a d'autres moyens d'acquérir une phobie, mais beaucoup.
Le cas classique, c'est la personne qui fait un malaise vagal parce qu'elle est fatiguée, stressée ou qu'elle a bu trop de café. Faire un malaise vagal, la plupart du temps ce n'est pas très grave, mais par contre c'est très angoissant à vivre, surtout quand on ignore ce qui nous arrive. Donc ça joue le rôle de stimulus inconditionnel, comme le coup de marteau sur la barre de fer dans l'expérience du petit Albert.
 
Le stimulus neutre, l'équivalent du rat blanc, c'est la situation dans laquelle le malaise s'est produit. Peu importe ce que c'est, ça peut être au volant de sa voiture, pendant un repas de famille ou lors d'un discours devant trois cent personnes.
Au départ, cette situation ne générait pas d'anxiété particulière, mais après avoir fait un malaise vagal, le cerveau associe cette situation à un danger. Et c'est comme ça que certaines personnes se retrouvent phobiques de conduire, des repas de famille ou de faire un discours.

Bref, voilà comment beaucoup de phobies démarrent. Mais ça n'explique pas pourquoi certaines phobies sont plus courantes que d'autres. En particulier, pourquoi la peur des araignées et des serpents est si répandue alors que les araignées et les serpents dangereux sont plutôt rares en occident comparativement aux accidents de voiture, aux incendies ou aux agressions à l'arme blanche.

Arne Ohman, un chercheur suédois, a émis l'hypothèse selon laquelle certaines phobies seraient ancrées dans notre mémoire génétique. C'est à dire qu'elles seraient héritées de notre évolution. Oui parce que l'évolution ne façonne pas seulement notre corps, mais aussi notre esprit. En d'autres termes, si on a si fréquemment peur des araignées, ce serait parce qu'à l'époque de l'homme des cavernes ceux qui avaient peur des araignées avaient plus de chances de survivre que ceux qui n'en avaient pas peur et qui n'hésitaient pas à s'en approcher.

Nos ancêtres naturellement plus flippés des araignées auraient eu plus de chances de survie, et donc plus de chances de se reproduire et de transmettre leurs gènes, dont ceux qui provoquent la peur des araignées. Ce qui fait que leurs descendants auraient eu peur des araignées et ainsi de suite jusqu'à nous : vous et moi.

Pour tester cette hypothèse, Ohman a mis au point une série d'expériences où il a conditionné des sujets à l'aide de chocs électriques à avoir peur d'objets divers et variés, comme des fleurs, des champignons, des formes géométriques ainsi que des serpents et des araignées.

Pour ça il leur montrait une série d'images, et à chaque fois que l'image représentait un des ces trucs, les sujets recevaient un choc électrique.

Les phobies n'ont pas tarder à apparaître, mais deux stimuli se sont distingués des autres : les images de serpents et d'araignées. Déjà, il suffisait d'un seul choc électrique pour commencer à provoquer la phobie d'un serpent ou d'une araignée. Et en plus, la phobie des formes géométriques, des fleurs et des champignons finissait tôt ou tard par s'estomper si on arrêtait d'associer ces stimuli aux chocs électriques, alors que la phobie des serpents et des araignées persistait.

En gros, une fois conditionnés, si on arrêtait les chocs électriques à chaque fois qu'on montrait les images, la peur des formes géométriques, des fleurs et des champignons s'estompait, alors que celle des araignées et des serpents restait.

Un effet qu'on ne retrouvait pas avec d'autres stimuli dangereux, comme des armes à feu par exemple. Contrairement aux araignées et serpents, créer une phobie des armes à feu n'est pas plus facile que créer la phobie d'une fleur.

L'hypothèse du chercheur semblait confirmée. S'il est si facile de créer une phobie des serpents et des araignées et si difficile de s'en débarrasser, c'est parce que notre cerveau est prédisposé à les éprouver. Ces phobies sont déjà inscrites dans nos instincts et l'expérience n'a fait que les réveiller.

Notez que tout le monde n'est pas d'accord avec cette interprétation. Bon ce qui est sûr, c'est que ça n'explique pas tout. Si tout dépendait de notre héritage génétique, on serait tous flippés pareil devant une araignée ou un serpent. Mais ce n'est pas le cas. En fait, c'est tout simplement parce que notre cerveau est capable de s'adapter, de comprendre qu'on ne risque rien et de surmonter ses instincts qui le poussent à craindre les araignées.
C'est un peu comme garder la ligne. Notre cerveau nous pousse à manger des aliments riches en calories parce qu'à l'époque de l'homme des cavernes c'était un avantage pour la survie, mais certains d'entre nous réussissent à manger sainement et à garder la ligne.

Pour la peur, c'est pareil. De même que certains dépassent facilement leur peur du vide et font du saut en parachute, certaines personnes hébergent des mygales comme animaux de compagnie.

Et d'ailleurs parfois elles s'échappent et vont visiter. Un peu comme cette fois où un couple d'étudiants à Lille a vu débarquer trois mygales de la taille d'une grosse main dans son salon.
Ou encore quand un spécimen de l'araignée Goliath, une mygale qui peut atteindre 30 centimètres d'envergure (grande comme une grosse assiette) a été découverte dans un jardin du Jura.

OK je vais m'arrêter là parce que sinon je sens que je vais vous déclencher une phobie.

On se retrouve bientôt pour une nouvelle vidéo. Cette fois je ne vais pas annoncer le sujet que j'aborderai parce qu'à chaque fois que je le fais après ça me soûle et j'ai envie de changer.

Par contre, comme d'habitude je vais mendier pour que vous partagiez cette vidéo si elle vous a plu. Pour vous ça prendra seulement quinze secondes et pour moi ça me permettra de faire vivre la chaîne.

Ciao tout le monde, et à la semaine prochaine.
 

Sources

France Bleu - 12/03/2014 - Une famille britannique fuit sa maison infestée d'araignées venimeuses 
Wikipedia - Little Albert Experiment
Öhman, A. (1993). Fear and anxiety as emotional phenomena: Clinical phenomenology, evolutionary perspectives, and information processing mechanisms. In M. Lewis & J. M. Haviland (Eds.) Handbook of emotions (pp. 511–536). New York: Guilford Press.
La voix du Nord - 28/02/2009 - Trois mygales en balade dans un immeuble lillois 
L'Est républicain - 06/05/2015 - une mygale d'amazonie découverte dans un jardin du Jura


vendredi 21 août 2015

Comment se « vacciner » contre la déprime ?


Saviez-vous que la Finlande envisage de rendre le travail optionnel ? Les finlandais pourraient avoir le choix d'exercer une activité professionnelle ou non. Et ceux qui décideraient de ne pas travailler recevraient un revenu qui pourrait aller jusqu'à mille euros par mois.
 
Une initiative d'autant plus intéressante que plusieurs recherches montrent qu'à partir du moment où vous gagnez assez d'argent pour combler vos besoins basiques, le fait de gagner plus d'argent ne va pas automatiquement vous rendre plus heureux.
 
En fait, le bonheur tient plus à la façon dont vous dépensez votre argent qu'au nombre de zéros sur votre compte en banque. Notamment, si vous vous en servez uniquement pour accumuler des biens matériels, vous vous sentirez bien, voire même heureux, mais seulement provisoirement.
Que ce soit le dernier i phone qui vient de sortir, une babiole achetée au marché ou la maison dont vous rêvez depuis vingt ans, tôt ou tard vous finirez par vous y habituer et ça ne vous procurera plus le même plaisir qu'au départ.
 
C'est la faute à notre cerveau, qui est programmé de façon à ne jamais être satisfait longtemps de ce qu'on possède.

En revanche, il y a un truc qui impacte positivement notre bonheur, notre estime de soi et qui chasse nos émotions négatives de façon durable : le fait de vivre des expériences.
 
Quand vous serez vieux et que vous soûlerez vos petits enfants avec vos histoires du bon vieux temps, qu'est-ce que vous leur direz ? Que vous avez acheté chaque modèle d'i phone le jour même de sa sortie ? Bof. A mon avis, vous seriez plus fier-ère de leur raconter vos explorations en spéléo, la fois où vous êtes parti(e) faire le tour de l'Europe à vélo ou les manèges les plus flippants dans lesquels vous êtes monté(e).
 
Si vivre des expériences est si bon pour le moral et l'estime de soi, c'est parce que contrairement aux biens matériels, elles s'incrustent dans notre cerveau pour toujours et font partie de notre identité. Elles définissent qui on est.
 
Mais bien sûr, toutes les expériences ne se valent pas. S'affaler devant la télé et zapper avec la télécommande, c'est une expérience qui ne fait pas franchement partie de celles qui améliorent le moral et l'estime de soi.
Attention, je ne suis pas en train de critiquer ceux qui le font. Il n'y a pas à se sentir coupable de dépenser un peu de son temps à glander. Mais ce que je veux dire, c'est que si vous voulez mettre toutes les chances de votre côté pour en quelque sorte vous vacciner contre les baisses de moral, vous devrez choisir les expériences que vous allez vivre avec soin.
 
Pour ça, rien de plus facile, il suffit de prendre en compte six éléments.
 

1er élément : la nouveauté

Le premier élément, c'est la nouveauté (par opposition à la routine). Plus une activité est nouvelle et plus il y a de chances qu'elle soit enrichissante. A l'inverse, plus une activité est routinière et plus elle risque de vous plomber le moral.
 
Notez que la nouveauté n'est pas un statut binaire. Une activité peut être plus ou moins nouvelle, ou plus ou moins routinière. Aller au restaurant ou au cinéma chaque semaine, ce n'est pas aussi nouveau que tester le tout dernier rollercoaster, mais c'est quand-même moins routinier que de regarder Les Experts à Manhattan sur TF1.

Donc pour éviter les émotions négatives, sortez de la routine et essayez de vivre des expériences nouvelles. Je dis ça complètement au hasard, mais pourquoi pas un blob jump par exemple ?

2ème élément : des émotions fortes

Le deuxième élément, c'est des émotions fortes (par opposition à une émotion passive ou à l'absence d'émotion). Plus une expérience génère des émotions actives, et plus il y a de chances qu'elle soit enrichissante. Au contraire, plus une expérience génère des émotions passives – voire pas d'émotion du tout – et plus elle est susceptible de vous plomber le moral.
 
Notez qu'une émotion forte n'est pas forcément positive. Faire un tour dans le Silver Star à Europa Park ou se prendre des gnons dans la tronche pendant un combat de boxe, ça génère des émotions fortes, mais pas forcément vécues comme positives sur le moment. Et pourtant, c'est le genre d'expérience qui booste le moral et l'estime de soi.

Donc pour chasser la déprime, allez voir des films d'horreur, sautez à l'élastique ou inscrivez-vous aux dead games organisés par le manoir de Paris.
 

3ème élément : le partage

Le troisième élément, c'est le partage (par opposition à la solitude). Si vous partagez une expérience avec au moins une autre personne, il y a plus de chances qu'elle vous rende heureux que si vous la vivez en solitaire.
 
Donc si vous regardez un film ou une série, tant qu'à faire invitez des amis à la regarder avec vous. Enfin sauf si c'est Lost, parce que la fin est à chier.
 

4ème élément : l'activité physique

Le quatrième élément, vous le connaissez déjà : c'est l'activité physique (par opposition à la sédentarité). Plus une activité vous fait bouger et plus elle aura des effets positifs.
 
C'est pour ça que sur ce point, la Wii U c'est mieux que la play 4.
 

5ème élément : le plein air

Le cinquième élément c'est le plein air (par opposition à enfermé chez soi). Si une activité se pratique en pleine nature, ou du moins en dehors de chez vous, il y a plus de chances qu'elle soit positive pour votre moral.
 
Donc si vous vous mettez au sport, ce sera meilleur pour vous de faire du roller, du rafting ou de la planche à voile que de faire du vélo d'appartement.
 

6ème élément : l'altruisme

Enfin, le sixième élément, c'est l'altruisme (par opposition à l'égoïsme). Plus une action est altruiste, et plus elle sera positive pour votre moral et vos émotions. Au contraire, plus une activité est égoïste et plus elle risque de générer des émotions négatives.
 
Donc si vous êtes un homme politique, un trader ou un commercial qui essaie de vendre aux gens des trucs dont ils n'ont pas besoin pour avoir une meilleure prime à la fin du mois, non seulement vous énervez karma, mais en plus vous risquez de le payer un jour ou l'autre en estime de soi…
 
Bref, si vous voulez vous sentir bien, engagez-vous pour une cause humanitaire ou pour la défense des animaux.

 

Conclusion

OK donc je résume, plus une expérience est :
  • nouvelle,
  • génère des émotions fortes,
  • est partagée,
  • sportive,
  • en plein air
  • et altruiste...
...plus elle aura un effet positif sur votre humeur et plus vous serez vacciné(e) contre les idées négatives.
 
Au contraire, plus une activité est :
  • routinière,
  • génère des émotions passives,
  • solitaire,
  • sédentaire,
  • d'intérieur
  • et égoïste...
...moins elle sera bonne pour votre moral.
 
Vous l'aurez compris, pour vous vacciner contre les émotions négatives, le stress, la déprime et compagnie, l'idée c'est d'organiser votre vie de façon à vivre le maximum d'expériences qui contiennent le maximum de ces éléments. 
 
Les expériences qui réunissent ces six éléments sont très rares. Les seules que j'ai réussi à trouver sont sapeur pompier volontaire et militant sur le Sea Shepherd.
 
Mais si une expérience réunit déjà trois ou quatre des facteurs dont j'ai parlé, comme un laser game ou une partie de loup-garou, c'est déjà un bon boost pour le moral. Et si elle en réunit cinq, comme un saut en parachute par exemple, alors là c'est le jackpot.
 
Parfois c'est un peu difficile de trouver des idées alors je compte sur vous pour en poster dans les commentaires de la vidéo. Sachant que pour l'instant j'ai environ dix spectateurs par semaine, je pense que d'ici quatorze millions d'années on aura une bonne liste.
 
Pour conclure, surtout n'éliminez pas une idée sous prétexte que vous pensez que ça ne vous plaira pas. L'être humain est NUL pour prédire l'émotion qu'il ressentira dans une situation future. Donc si vous renoncez sous prétexte que vous pensez ne pas aimer, vous risquez de passer à côté de quelque-chose.
 
La seule bonne raison de ne pas vous lancer dans une activité, c'est si elle vous fait trop peur ou si vous l'anticipez comme trop désagréable. Donc par exemple, pas de saut à l'élastique si vous avez le vertige.
 
Vous commencez sûrement à en avoir marre de voir ma tronche alors je vais m'arrêter là pour aujourd'hui et je vous dis à la semaine prochaine pour une vidéo dans laquelle j'expliquerai pourquoi on a si peur des araignées.
 

Sources 

Brigand, M. – 25/07/2015 – En Finlande, travailler pourrait devenir un choix – www.le figaro.fr
Delichte J. – Does money make us happy ? – positivepsychology.org.uk
Howell, R. T., & Hill, G. (2009). The mediators of experiential purchases: Determining the impact of psychological needs satisfaction and social comparison. The Journal of Positive Psychology, 4(6), 511-522.
Diener, E., & Biswas-Diener, R. (2002). Will money increase subjective well-being? A literature review and guide to needed research. Social Indicators Research, 57, 119–169.
Howell, R. T., & Howell, C. J. (2008). The relation of economic status to subjective well-being in developing countries: a meta-analysis. Psychological bulletin, 134(4), 536.
Teychenne, M., Costigan, S. A., & Parker, K. (2015). The association between sedentary behaviour and risk of anxiety: a systematic review. BMC public health, 15(1), 513.

mardi 11 août 2015

Comment la déprime et la dépression "piratent" votre cerveau


La dépression est une maladie dont il est difficile de se débarrasser. Pas seulement parce qu'il s'agit d'un état émotionnel qui semble s'accrocher et ne jamais vouloir vous quitter, mais aussi parce que la dépression affecte la mémoire, le raisonnement et la volonté.

Une étude publiée il y a quelques mois montre à quel point l'émotion de déprime, un peu comme un virus, semble retourner le cerveau contre lui-même.

En fait, contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, les personnes déprimées choisissent parfois de se comporter de façon à empirer leur déprime.

Si je vous montre une photo comme celle-ci, qui représente des dauphins massacrés lors du grindadráp annuel des îles Féroé, il y a des chances que ça vous casse le moral. Au contraire, si je vous montre une photo plus joyeuse, elle favorisera un état d'esprit positif.

Pareil avec la musique, si vous écoutez la marche funèbre de Chopin ou l'intégrale d'Alanis Morissette, il y a des chances que ça vous plombe le moral. Alors que si vous écoutez de la musique plus pêchue, indépendamment de vos goûts musicaux, ça va plutôt l'améliorer. Bien sûr, l'effet n'est pas énorme, mais néanmoins il existe, c'est prouvé.

Donc en toute logique, si on demandait à une personne dépressive quelle image ou quelle musique elle souhaite voir ou écouter quand elle est déprimée, elle devrait choisir l'image ou la musique joyeuse.

La déprime étant un état émotionnel vécu comme négatif, les personnes devraient choisir le stimulus le plus susceptible d'améliorer leur moral, ce serait le choix le plus rationnel. Et pourtant, au cours des expériences c'est exactement le contraire qui s'est produit. Les personnes dépressives ont majoritairement choisi d'être exposées aux images ou musiques qui plombent le moral.

Pourtant, quand on leur pose la question, les personnes dépressives indiquent qu'elles se sentent moins tristes quand elles écoutent de la musique joyeuse.

Donc si on résume, elles ont choisi volontairement, en toute connaissance de cause, d'aggraver leur état d'esprit négatif. C'est comme si l'émotion de déprime piratait le cerveau pour le forcer à se comporter de façon à aggraver la déprime.

Donc en conclusion : quand vous êtes déprimé(e), ce n'est pas le moment de vous fier à vos émotions et à vos envies. De toute façon, quand on déprime, soit on a envie de rien, soit on choisit de faire des trucs qui aggravent nos émotions négatives.
Remettez-vous en plutôt à votre esprit rationnel, celui qui sait que passer du temps avec des amis, faire une balade à vélo ou aller au ciné vous fera du bien.

Et la semaine prochaine, on verra comment vacciner votre cerveau contre la déprime. D'ici là, abonnez-vous à ma toute nouvelle page facebook, venez jeter un coup d’œil à mon blog, ou alors suivez-moi sur Twitter.

Geekr - Even if nothing goes right, don't go left!

Sources

Millgram, Y., Joormann, J., Huppert, J. D., & Tamir, M. (2015). Sad as a Matter of Choice? Emotion-Regulation Goals in Depression. Psychological science, 0956797615583295.
 

Extraits vidéos

Chopin - Piano - Marche Funèbre
Alanis Morissette - Perfect (Acoustic) - Leno Tonight Show [07-25-2005]
Los Del Rio - Macarena
Dream Evil - The Book Of Heavy Metal
CompilarizTV - Lucky people compilation

Images

Nicolas Raymond - Jolly Roger Pirate Grunge Flag
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Geoff Stearns - What did the five fingers say to the face?
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NIAID - Ebola Virus Particles
Vox Efx - a study in self flagellation
auteur inconnu (photo trouvée à l'adresse suivante : Laurent Brayard - L'Europe a-t-elle des leçons de choses à donner dans le Monde ?)
Montse PB - a hug for happiness
Jukka Zitting - Size Matters
Stuart Heath - Ghost
Kevin Utting - Crane Gears
Maddie Photography - This world is a mess...
Prayitno - Picture Frame
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Jessicahtam - Smile
Trevor King - Negative space 
Feliciano Guimarães - The chosen one 
Bruno Cordioli - Grown-up
Allan Ajifo – brain
U.S. Army RDECOM – RDECOM's Advanced Chemistry Laboratory is on the forefront of science
Dean Hochman - arrows
Clarkston SCAMP - Question
JD Hancock - Tagged!
winnifredxoxo – balance scale
peasap - Pirate Riley. Aaarrhh Me Hearties!
Sylvain Moreau - Broken Bulb 2
Loren Kerns- Libby and friends
andy_c - Matt @ Fontenay
laurageldart
ZaldyImg - Syringe 5 With Drops
Geekr - Even if nothing goes right, don't go left!

Effets sonores 

Street Fighter X Tekken 

Musique

Dyman - Vicious